Voilà. Je crois que j'ai fait
le tour de la question.
J'ai accompli mon travail de "militante" J'ai offert à qui le souhaite -à celui qui sur son chemin se pose des questions- quelques pistes de réflexion supplémentaires mais surtout
des réponses. Par le biais des informations posées ici, récoltées par des personnes courageuses qui le plus souvent ont osé s'inscrire en faux, aller contre et agir.
AGIR face à
une vérité intolérable qui, je le crois encore, nécessite d'être mise en lumière, portée à la connaissance du plus grand nombre pour qu'enfin
EN SACHANT chacun puisse faire un
choix éclairé, en toute conscience. C'est en cela que mon action était militante, non pas vouloir convaincre à tout prix, mais porter ces informations à la connaissance du plus grand nombre, mettre en lumière cette vérité honteuse que certains s'appliquent à dissimuler -à cacher derrière des murs épais- car elle sert leurs intérêts!
Cette vérité vous l'aurez compris, c'est
la souffrance, la torture, la cruauté que
NOUS faisons subir quotidiennement à des
êtres sensibles, à des
individus animaux que nous avons réduit en
esclavage, parqués en masse, niant leurs besoins élémentaires et leur droit au bien-être pour servir nos besoins alimentaires illusoires, notre frénésie du toujours plus et plus vite, un désir arrogant d'abondance et de profusion... Notre alimentation a perdu de sa saveur morale (de celle qui nous ancrait à la terre-mère), de son symbolisme, de sa sacralité. Ingurgitée en déconnexion totale de la réalité de ses origines, de sa provenance, elle est devenue un acte banalisé, un dû (au mépris total d'autres Hommes qui meurent de faim) qui cache pourtant mal
la souffrance spirituelle de notre société capitaliste!
L'Animal, cette création de la nature, cet
INDIVIDU sensible, qui comme nous connait la peur, la souffrance, qui est
comme nous doté d'une forme d'intelligence et de conscience. L'animal qui dans des temps anciens a permis que nous survivions, que nous évoluions (?), celui qui nous a accompagné, tenu compagnie dans les ères de solitude et de vide induits par l’immensité du monde inconnu. Celui qui nous a réchauffé, offert sa chair pour pallier à une nature sauvage car pas encore sous le joug de notre domestication. Cet Animal, celui qui encore aujourd'hui est un compagnon fidèle, malléable, consentant. Celui que nous n'écoutons plus, que nous ne voyons plus et qui pourtant
porte les stigmates de notre humanité malade et pervertie.
Celui qui est en première ligne, au front de nos arrogantes colonisations et qui exprime par son corps souffrant et dégénéré toute la terrible ignominie et incurie orgueilleuse de ce que nous sommes devenus! Oui, l'animal est plus que jamais
notre miroir qui paie le lourd et douloureux tribu de sa chair et de sa liberté pou que s'exprimer malgré nous notre propre souffrance morale, notre déracinement.
Il faut comprendre que ce qu'il se passe actuellement (au-delà du "droit" ou non de consommer de la chair animale) c'est que nous sommes face au plus grand
GÉNOCIDE que la terre ait porté! Ce sont des millions d'animaux qui sont chaque jours exploités jusqu'à l'os, maltraités, violés dans leur chair et leur droit, asservis et dénaturés jusqu'à l'impensable.
Plusieurs centaines de "races" ont été délibérément supprimées de la nature par la volonté consciente des sélections génétiques pour
rentabiliser le corps de l'animal!
Nous
avons fait de cet être vivant sensible une machine, un produit. Mais nous ne mangeons pas quelque chose mais quelqu'un!
Les élevages sont de véritables camps de concentration qui retiennent des êtres souffrants et malades, que l'on maintient en vie par force d'antibiotiques et de nourriture trafiquée pour engraisser vite sans se soucier que l'organisme puisse supporter cette cadence infernale (ce qui donne des animaux qui ne peuvent littéralement pas supporter leur poids, tenir sur leur pattes ) Les abattoirs sont de véritables machineries de la mort cadencée, morcelée, automatisée... et qui emploient
des hommes eux-même réduits petit à petit à l'état de machine à tuer, à dépecer, à électrocuter, à éventrer, à ébouillanter, à peler, à conditionner sous vide cette mort industrialisée...Chacun a son poste, avec un temps imparti, une cadence à tenir, déconnecté du sens et du processus complet, de l'importance de la mise à mort (offrande) de l'Animal!
Ces lieux de "non droit" où l'on nous fait croire pourtant que des "contrôles" divers sont possibles alors même que la plupart du temps le vétérinaire en poste ne voit la bête qu'après sa mort et ne juge de sa bonne santé que sur son cadavre! Alors même que tout le personnel est tenu-sous menace implicite- au secret et que cet état oppressant d'être forcé au silence, de ne pouvoir exprimer son ressenti ou sa révolte sous peine d'être privé de son emploi, conduit certains employés à
une souffrance morale intense, par un conflit destructeur entre leur conscience et leur soumission. Mais aussi, développe ou
favorise chez un grand nombre d'autres employés, un sadisme et une perversion insoutenables (qui trouvent dans ce lieux clos et secret toute sa possibilité d'expression) et dont c'est, encore et au final, l'animal pourtant conduit à la mort qui en fait les frais, dans une solitude et une terreur abominables!
NOUS SOMMES TOUS responsables!
Car cette horrible vérité s'est progressivement mise en place pour répondre à
notre demande accrue de consommateur de "produit animal"! Si beaucoup d'entre nous ont intégré
cette autre vérité affreuse qui est celle de la pollution de la planète, de l'épuisement de la terre et des végétaux empoisonnés qu'elle expulse sous la contrainte de l'homme machine productive au but de profit, peu ont conscience de cette souffrance pourtant criante- au sens propre comme au figuré- de l'animal caché derrière le produit carné qu'il mange!
Encore pire,
peu comprennent que pour fabriquer ce produit carné il faut plus encore abîmer et détruire la terre... ET les Hommes réduits en esclavage pour produire ce produit carné si vite avalé, porté aux nues, trop (et en surplus) banalement consommé !
Et il y a ceux qui se pensent à l'abri (grâce au BIO dérive, qui souvent vaux à peine mieux) ou déresponsabilisés parce qu'ils consomment une viande "heureuse" qui pourtant est conduite
COMME LES AUTRES vers une mort sadique et "Taylorisée"
Ceux là de fait ne se sentent pas concernés, mais je crois qu'ils ont tort, dans le sens où justement ils "devraient" approfondir leur cheminement et surtout "alerter" leurs semblables qui se fourvoient encore.
Alors voilà où j'en suis personnellement.
Après avoir fait ce chemin de conscience, en me documentant, en allant chercher des réponses à ce que intuitivement je pressentais. En allant plus loin de ce qui est communément admis ou montré - et je remercie encore les personnes qui ouvrent les portes, qui cassent les murs, qui s'infiltrent et bravent l'interdit pour récolter ces informations, cette vérité cachée-
j'ai fait mon choix -celui qui s'imposait pour moi et pour le monde dont je fais partie, comme une évidence- en toute conscience, en toute connaissance. Avec l'accès à cette vérité :
maintenant JE SAVAIS et il m'aurait été insupportable de ne rien faire ou d em'en tenir à mon petit nombril.
Ma sensibilité personnelle, naturelle, m'a portée même au-delà puisque j'ai étendu ce respect de la vie -cet amour- à tout ce qui implique de près ou de loin la souffrance du vivant et en particulier de l'animal (le faible). Ce n'est pas une lubie ou un acte intellectualisé, c'est un ressenti profond, un sentiment et non une émotion qui suppose une simple réaction. C'est un état d'être. Le cheminement a été intellectualisé, pensé, réfléchi, analysé comparé etc. Mais le choix final est né d'une profonde cohérence morale et physique. Une évidence, une incarnation.
[Je suis convaincue de ne pas avoir fait preuve d'intolérance (argument standard qui m'a souvent été balancé sans autre forme de procès) mais je crois au contraire qu'il est intolérable de demander à une conviction profonde de s’accommoder d'un comportement inhumain sous prétexte de liberté et de tolérance!
C'est tout simplement demander à quelqu'un de non-violent de rester sans rien faire face à un tabassage sous prétexte de laisser les autres faire ce qu'ils veulent! C'est aussi comme ne pas intervenir quand une femme se fait battre par son compagnon sous prétexte que "ça ne nous regarde pas"!]
J'ai donc appliqué au quotidien mes convictions. Cela ne se fait pas en un jour. Cela demande un certain temps. Cela demande de s'adapter, de chambouler ses petites habitudes confortables, d'oser, de changer les choses, de trouver d'autres façons de faire... mais au final cette petite révolution transforme, agrandie.
Puis j'ai ressenti
la nécessité de transmettre, d'informer, d'éclairer, d'offrir aux autres cette vérité qui est une réalité (une conséquence) méconnue de notre société. Je me suis dis que pour espérer un changement il fallait que nous soyons nombreux à accéder à cette connaissance des faits. Pour que chacun puisse ensuite agir en toute conscience, à son niveau et à son rythme, mais agir. Je considère que l'ignorance nourri bien des vices et des dérives,des souffrances et des injustices. C'est pourquoi ce blog est devenu ce qu'il est et que d'aucun appellent
MILITANT. Mais ce n'était pas ma seule démarche. J'ai aussi fait ça par
AMOUR. Amour pour les animaux certes, mais aussi pour mes semblables. Ce cheminement, cette prise de conscience m'ont tellement transformée, agrandie, été bénéfique. Ils m'ont tant apporté de bien-être et d'harmonie que j'ai eu l'envie de la partager...
Mais en faisant cela, je me suis aussi confronté à diverses émotions (réactions)
qui ont assez vite déséquilibré mon harmonie (sentiment). Des émotions qui venaient de VOUS et d'autres de MOI. J'en ai perdu un peu le fil de moi-même, de mes besoins de paix et de sérénité. J'ai réalisé combien cet aspect de militantisme dans lequel on m'a (et je me suis moi-même) enfermée commençait à
me nuire. Je n'ai pas la volonté d'aller hurler, casser, crier, "faire la guerre" je ne veux pas ajouter une violence et une colère (que je comprend et que je n'ai pas envie de condamner pourtant) à la somme de violence et de colère du monde et des Hommes. Je n'ai jamais voulu cela.
J'ai effectivement réalisé combien
le glissement de terrain est facile dans le positionnement que l'on met dans le militantisme. Lorsque l'on défend une cause, on se retrouve face à ceux qui raillent, qui moquent, qui ne croient pas, qui refusent. On porte un message qui dérange et qui demande à l'autre de se remettre en question face à des automatismes, des réflexes ou même ses propres convictions. Et la réponse à cela est bien souvent "basse", stupide, standard, réflexe, réaction agressive défensive ... Pas facile alors de rester soi-même calme, respectueux etc. Je me suis très souvent sentie au bord de dérailler ;)
Je me situe néanmoins dans un militantisme pacifique qui tend vers la transmission et l'éveil des consciences car je considère que mon prochain a parfois besoin d'un coup de main pour s'extirper de certains comportements conditionnés. Coup de main- qui sans jugement de valeur aucun et en toute humilité- peut lui être offert par celui qui est dans un cheminement plus avancé.
Ce qui ne m'empêche pas de croire effectivement que la prise de conscience, c'est à dire l'évidence qui s'impose, s'incarne en nous et devient sentiment, état d'être ; ne peut venir que de soi et ne peut être feint. Mais voilà,
l'ignorance bloque ce processus. Des connaissances sont parfois difficiles d'accès, voir interdites au plus grand nombre. Je considère que ceux qui y ont accès doivent les faire partager. D'autant plus quand, comme c'est le cas pour le sujet dont je traite ici, elles sont sciemment et dans un but précis, dissimulées aux gens et engagent notre liberté de choix et notre devenir commun!
Voilà ce que j'avais à dire pour conclure ici ma démarche militante :)
Je me sentais le devoir et la responsabilité de dire et de montrer. Maintenant je vais poursuivre d'une autre façon. En ETANT j'espère faire rayonner autour de moi. Et de façon pratique, continuer à poser mes choix, à oser mettre de moi dans mes actes quotidiens. Protéger et aimer des animaux afin de faire rayonner cet amour et cette tendresse pour qu'elle aille toucher la souffrance de ceux que je ne pourrais aider ou sauver de leur horrible condition. Faire la même chose pour les hommes : une prière silencieuse qui je veux le croire passera aussi (comme pour les animaux) les frontières froides des actes sordides perpétrés chaque jours à l'encontre des plus faibles. Accueillir chez moi l'étranger, le différent et le semblable, donner, offrir, partager mais sans m'imposer quoi que ce soit, si ce n'est d'être attentive à ce qui est de l'ordre de l’infiniment petit et imperceptible, ce qui vient du coeur.
Ce n'est pas de l'idéalisme mais un idéal vers lequel je veux tendre.
Je finirai en disant à
Cédric, que j'ai souvent pensé à lui durant ma semaine de formation et en écrivant ce billet. :) Qu'effectivement j'ai senti plus que jamais le sens du mot
ETRE et du cheminement nécessaire pour que puisse s'incarner l'évidence. Mais que plus que jamais je considère l'importance de partager son vécu, son "savoir", ce que l'on sait ou apprend, même si éclairer l'autre passe énormément par le propre rayonnement qui émane de ce que l'on EST mais aussi de ce que l'on fait, de l'engagement de soi que l'on offre dans le fait d'être au monde en conscience ;)
Concrètement,
ce blog reste ouvert. Peut-être que j'y rajouterai de nouveaux billet selon l'évolution des conditions de traitements des animaux d'élevage et de boucherie, mais dans l'immédiat j'aspire à prendre un peu de
recul car la somme d'horreurs que j'ai vue et lue m'as beaucoup meurtrie et a réactivé une forme de colère qui prend sa source dans une révolte face à l'injustice que j'ai trop souvent vécue dans le passé. Je n'ai pas envie d'entretenir cette colère et cette révolte. Enrichie par cette expérience de blog militant, je vais donc me recentrer
sur mon potentiel créateur, sur ma créativité car c'est une chose qui me nourrie et m'apaise, laisse vibrer mon élan de vie de la manière la plus libre et la plus harmonieuse qui soit pour moi. En profitant de cette re-dynamisation que m'a offert
cette première semaine de formation. Je sais maintenant avec certitude que je suis sur le bon chemin. Je vais donc réinvestir mon blog d'artiste
ICI et peut-être ouvrir un autre espace pour renouer avec
les mots poétiques (si cela se fait, je donnerai l'adresse en colonne de liens, sur mon blog d'artiste)
Je vous souhaite à tous et à toutes le meilleur pour vous. :)
Merci pour vos mots et présences variés sur ce blog.